DARIO DE REGOYOS

Hauts fourneaux de Bilbao

L’ère industrielle est simple à interpréter. D’abord de très longues lignes horizontales : routes, autoroutes, fleuves et voies ferrées ; ensuite, d’épaisses colonnes verticales, gratte-ciel, hauts fourneaux et cheminées d’usine ; et au milieu un brouhaha d’activités informes, vues depuis la colline voisine.

Mais avec le recul que donnent les années, en croisant les deux axes on obtient des croix, celles que porteront plus tard sur leurs épaules les enfants de nos filles dans un monde froid, pollué par les fumées, l’argent et le pétrole.

Comme le préfigurent ces arbres paumés, cherchant déjà comment survivre et respirer.


Hauts fourneaux de Bilbao

Dario de Regoyos - Hauts fourneaux de Bilbao (1908)

Un château en Espagne

Quand on sculpte en Espagne une motte de beurre, si l’on pétrit trop le parallélépipède, de grands lambeaux de jaune, au bout de quelques heures, s’échappent dans le ciel pour filer vers Tolède.

Puis les corbeaux annoncent l’heure des vampires : venant en masse depuis la Transylvanie, ils cherchent le sang chaud des taureaux de Murcie et des danseurs de flamenco, qui les attirent.

Le roi soleil se couche alors pour accueillir ses hôtes et, reclus depuis le Moyen-âge, les revenants se préparent à revenir. Puis au matin tout refondra comme un mirage.

C’est ce que nous racontent les vieux espagnols, prenant tous les touristes pour de grands guignols.


Castillo de la Mota

Dario de Regoyos - Castillo de la Mota, Medina del Campo (1909)

Célébration basque

Dario de Regoyos - Célébration basque (1910)

El Darro

Dario de Regoyos - El Darro (1911)