JEAN-JACQUES HENNER

La Source

Après que le premier brouillon d’humanité
Ait été créé, non sans quelque maladresse,
Je suis entrée en scène et, comme une déesse
Sortant d’un coquillage et tel un nouveau-né,

Je respirai à pleins poumons la pureté
Du paradis terrestre. En la source voisine
Je trempai mes cheveux pour les repatiner
De cet automne roux seyant à ma peau fine

Et brossait celle-ci pour faire ressortir
Cette blancheur d’albâtre prête à s’épanouir.
C’était l’été indien, j’étais en harmonie

Avec cette nature et sa sérénité,
Avant que le brouillon ne revienne plonger
Comme un bœuf dans le lac puis après dans ma vie.


La Source

Jean-Jacques Henner - La Source (1881)

La Fontaine

Jean-Jacques Henner - La Fontaine (1880)

L'énigme d'une journée

Jean-Jacques Henner - Solitude ou harmoinie d'un soir (1886)