ALFRED STEVENS

Mère et ses enfants

Là-bas, l’horizon, et, tout au loin, l’avenir.
Quand je serai plus grande, je prendrai la mer,
Comme tous ces marins rêvant de découvrir
Des terres inconnues, des nouveaux univers.

Toi, mon petit bonhomme, insouciant, innocent,
Satisfait de ton rot, que vas-tu devenir ?
Déjà ces nuages sombres pourraient bien noircir
De ta génération le futur chancelant.

Moi pour l’instant je dors, une petite sieste
Est le meilleur moyen pour ne pas se poser
Des milliers de questions plus ou moins indigestes

Lorsque son estomac n’est pas encore prêt.
Nous verrons tout cela quand nous serons plus grand,
Ne dénaturons pas notre rôle d’enfant.


Mère et ses enfants

Alfred Stevens - Mère et ses enfants (1887)