JAMES ABBOTT McNEILL WHISTLER

Nocturne en bleu et argent

Notre planète bleue était trop rougeoyante au coucher du soleil, et Mars, encore pire. La Lune avec ses clairs, bien que beaux, bien trop grise ; Mercure était trop chaud, Jupiter trop macho, Neptune et Uranus trop lointaines et froides ; sans préavis Pluton s’était fait déclassé et la belle Saturne était déjà mariée.

Oui, c’est bien sur Vénus que je suis allé peindre ce nocturne subtil féminin et bleuté, car le soir y est si long et l’horloge si lente (deux cent quarante trois jours pour une journée) que vous avez le temps de capturer les nuances.

Mais c’est sur la Vénus des peintres, des poètes, l’astre bleu argenté qui errait en nos têtes avant les conclusions des dernières recherches : habillée par la Science la Vénus antique, du Berger qu'elle était, s'est muée en peau de vache.

Se laisser transporter par son imaginaire et peindre le réel depuis ce point de vue.


Nocturne en bleu et argent, Chelsea

James Abbott McNeill Whistler - Nocturne en bleu et argent, Chelsea (1871)